Aller au contenu principal

Élucider les liens entre l’environnement marin et les qualités nutritives du béluga et des bivalves à Quaqtaq

Ce projet est réalisé dans le cadre du premier appel à projets conjoint INQ / Sentinelle Nord.

 

Chercheurs principaux

Mélanie Lemire (Université Laval), Jean-Éric Tremblay (Université Laval)


Co-chercheurs

Marc Amyot (Université de Montréal), Philippe Archambault (Université Laval), Pierre Ayotte (Université Laval), Nicolas Derome (Université Laval)


Collaborateur

Tommy Palliser (Nunavik Marine Region Wildlife Board)


Résumé du projet

Le béluga et les bivalves font partie intégrante de la culture, de l'alimentation et de la sécurité alimentaire à Quaqtaq. Les bélugas migrateurs capturés à Quaqtaq appartiennent à deux populations distinctes de la baie d'Hudson, l'une à l'ouest et l'autre à l'est.

Des travaux récents au Nunavik ont montré que le maattaq, un mets Inuit à base de peau et de graisse de béluga, est exceptionnellement riche en sélénoneine, un antidote potentiel contre la toxicité du mercure.

En appui au programme pilote du Nunavik Marine Region Wildlife Board dans le détroit d'Hudson, le présent projet vise à fournir de nouvelles informations sur la variation des teneurs en mercure, en sélénoneine et en acides gras des bélugas selon leur population d'origine, leur régime alimentaire, leur âge et leur sexe.

Des travaux récents suggèrent que les bivalves, d’autres animaux benthiques et les sédiments du fond marin, où peuvent se développer des bactéries et des champignons producteurs de sélénoneine, peuvent jouer un rôle important dans l’acquisition de nourriture et de sélénoneine par le béluga. Les bivalves, qui sont aussi consommés fréquemment par les Inuits, peuvent être un élément important de la mise en place de stratégies de prévention de l’insécurité alimentaire. De plus, ces animaux peuvent être utilisés comme indicateurs de la qualité de l'eau et de la santé des océans, car ils accumulent des contaminants et des nutriments en filtrant l'eau et les algues ou en consommant des particules qui se déposent sur le sédiment. Puisque l'océan autour de Quaqtaq est fortement exposé au puissant courant de sortie de la baie d'Hudson, la qualité de l'eau et les particules se déposant dans la région sont inévitablement affectées par les changements que subit cette baie. Les divers avantages ou effets potentiellement néfastes reliés à la consommation du béluga et des bivalves peuvent donc être modulés par les changements environnementaux rapides qui affectent les écosystèmes marins nordiques (réchauffement, perte de glace de mer).

Le présent projet répond à ces préoccupations en s’inspirant des connaissances locales des Inuits pour mieux comprendre les liens qui unissent les propriétés physiques et chimiques de l'océan, le microbiome marin et les voies écologiques par lesquelles différentes molécules clés passent de l'environnement arctique aux Inuits. En guise de bénéfice à long terme, le projet vise à procurer à la communauté de Quaqtaq des moyens pour suivre l’état de l’océan et les ressources du fond de la mer afin de continuer à les utiliser de manière durable.

C’est à la suite du premier appel à projets conjoint INQ/SN lancé en avril 2019 que ces deux projets porteurs ont été sélectionnés. Notez qu’un deuxième appel à projets conjoint est présentement en cours et est ouvert aux chercheurs affiliés à l’INQ.