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Ensemble, Inuits et scientifiques s'attaquent aux « polluants éternels »

Publiée le 13 avr 2022

Les résultats obtenus grâce à un partenariat de recherche entre les Inuits du Nunavik et les scientifiques de l'Université Laval s'avèrent fondamentaux pour la proposition du Canada à la Convention de Stockholm visant à réglementer les substances per- et polyfluoroalkyles (PFAS), également appelées « polluants éternels ».

Pour plus de détails, joignez-vous à la Conférence « Inuits et scientifiques s'attaquent aux polluants éternels » le jeudi 19 mai à 16h.

Les PFAS sont des composés synthétiques très résistants utilisés par les industries pour leurs propriétés hydrofuges et antitaches. Une fois transportés vers le Nord par les courants marins et atmosphériques, ces contaminants environnementaux bénéficient des caractéristiques géoclimatiques unique de l’Arctique pour s’accumuler dans les espèces marines et terrestres qui se trouvent au cœur du régime alimentaire, du mode de vie et de la culture des Inuits.

Un projet de recherche piloté par Amira Aker, épidémiologiste environnementale et boursière postdoctorale de Sentinelle Nord, a démontré que le niveau d'exposition des populations des inuits du Nunavik aux PFAS est quatre à sept fois plus élevé que celui observé dans la population canadienne générale. Alors que l'étude des effets des PFAS sur la santé des populations du Nunavik débute, une multitude de conséquences sur la santé dans d'autres populations ont déjà été associés à une exposition élevée aux PFAS, notamment la suppression du système immunitaire, les modifications du niveau de cholestérol, la perturbation des hormones thyroïdiennes, les maladies cardiométaboliques et les maladies respiratoires. À l'aide des données recueillies lors de l'enquête santé Qanuilirpitaa? de 2017, le partenariat entre les Inuits et les scientifiques a généré les connaissances nécessaires pour que le Canada fasse valoir ses arguments sur les PFAS. Un sous-ensemble de ces polluants fait maintenant partie des substances qui seront évaluées par les pays membres de la convention de Stockholm en vue d'une interdiction de leur utilisation.

C’était fascinant d’observer les discussions et les débats scientifiques qui se déroulent au niveau international, et de voir comment la politique et l'interprétation scientifique peuvent être utilisées pour influencer une décision d’une manière ou d’une autre. -Amira Aker

Depuis son adoption en 2001, la Convention de Stockholm a joué un rôle déterminant dans la réduction de plusieurs polluants nocifs. Par exemple, des baisses significatives de PCB et de plusieurs pesticides organochlorés, qui étaient parmi les premières substances à être ciblées par la Convention, ont été enregistrées dans l'air, les poissons d'eau douce, les sols et les biotes de l'Arctique.

 

Une formation au service de la prochaine génération de scientifiques

 

amira aker sentinelle nord


En tant que boursière postdoctorale de Sentinelle Nord, Amira fait partie d'une nouvelle génération de scientifiques formés pour intégrer les connaissances, les méthodes et l'expertise de diverses disciplines afin de catalyser la découverte scientifique et l'innovation en appui à la santé et au développement durables dans le Nord.

Je ne pense pas que l'on puisse appliquer efficacement la science sans collaboration interdisciplinaire, surtout dans le contexte de l'environnement et de la santé humaine. -Amira Aker

Depuis sa création, le programme Sentinelle Nord a accueilli plus de 400 étudiants diplômés et chercheurs postdoctoraux en plus d'accorder plus de 100 bourses d'excellence. L'environnement de formation novateur du programme permet aux participants de développer leurs compétences en matière de collaboration, d'élargir leurs réseaux et de reconnaître la valeur de différentes façons de savoir.

En réunissant leurs connaissances, Amira et ses collègues inuites ont démontré que des résultats d'une grande portée peuvent découler d'une collaboration inclusive et efficace.

Apprenez-en davantage sur les réalisations de Sentinelle Nord en matière d'interdisciplinarité.

 

Partenaires

Nunavik Regional Board of Health and Social Services
Institut national de santé publique du Québec
Kativik Regional Government
Makivik Corporation
Kativik Ilisarniliriniq
Ministère de la santé et des services sociaux du Québec
ArcticNet
Amundsen Science Ship Fund
Northern Contaminants Program (NCP) of the Crown-Indigenous Relations and Northern Affairs Canada (CIRNAC)
Fonds de recherche du Québec – Santé (FRQS)
Quebec Océan
Chaire Littoral

Merci également à tous les Nunavimmiut qui ont participé à l'enquête de santé Qanuilirpitaa? 2017, ainsi qu'à tous ceux et celles qui ont planifié et réalisé cette enquête. 

 

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